Identité nationale

Publié le par Papy Jean



Le pays


Ma France, quand on a nourri son coeur latin
Du lait de votre Gaule,
Quand on a pris sa vie en vous, comme le thym,
La fougère et le saule,

Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,
L'odeur de vos feuillages,
La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux,
Dès l'aube de son âge,

Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons
Chaudes comme la laine,
On a fixé son âme et bâti sa maison
Au bord de votre Seine,

Quand on n'a jamais vu se lever le soleil
Ni la lune renaître
Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils,
Vos chênes et vos hêtres,

Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs ;
Vos fruits et vos châtaignes,
On a bien médité dans la paix de vos soirs
Les livres de Montaigne,

Quand pendant vos étés luisants, où les lézards
Sont verts comme des fèves,
On a senti fleurir les chansons de Ronsard
Au jardin de son rêve,

Quand on a respiré les automnes sereins
Où coulent vos résines,
Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein
Le coeur de Jean Racine,

Quand votre nom, miroir de toute vérité,
Émeut comme un visage,
Alors on a conclu avec votre beauté
Un si fort mariage

Que l'on ne sait plus bien, quand l'azur de votre oeil
Sur le monde flamboie,
Si c'est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil
Qu'on a le plus de joie...

En lisant ce poème d'Anna de Noailles (décédée en 1933) je n'ai pu que faire un rapprochement avec un certain débat d'actualité.

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Publié dans Poésie

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M
<br /> tellement poignant et tellement d'actualité ...<br /> <br /> <br />
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M
<br /> je ne connaissais pas ce poème tendre et puissant comme l'amour de son pays mais en le lisant je me trouve loin de ce débat dangereux  et inutile<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Et oui...<br /> C'est comme pour un enfant, qu'il soit biologique ou adopté, pour lui, sa vraie mère est celle dont il connait la voix, l'odeur, le sourire, qui l'a bercé, consolé, nourri et aimé... <br /> Bon dimanche à toi Jean. Bises <br /> <br /> <br />
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K
<br /> J'aime ce pays parce que il est le mien ; le sort ayant été autre , j'aimerais à la place la terre d'Espagne , ainsi :<br /> Tu me soulèves ,  ô terre de Castille dans la rude paume de ta main ,  au ciel qui brûle  , au ciel ton maître .Terre nerveuse , sèche , dépouillée . Ici vit une race forte et<br /> courageuse et le présent prend les couleurs anciennes des siècles nobles . A la courbure concave de ce ciel touchent alentour des campagnes nues. En toi , le soleil a son berceau , son sépulcre ,<br /> son sanctuaire . Au ciel en toi , je me sens élevé .  C'est un air des sommets que l'on respire ici, dans tes déserts ;<br /> Bon dimanche papy Jean<br /> <br /> <br />
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