Dérapages
(photo du 9 décembre 2010) -
L'actualité traitée par les médias est nourrie de commentaires qui me surprennent souvent par le degré d'exigence ou par l'absence de bon sens.
Il fait froid. Nous sommes en décembre. Quoi de surprenant?
La neige plus abondante et plus précoce que d'autres années a provoqué l'asphyxie des axes routiers de la région parisienne.
En déplacement à l'étranger le Premier Ministre, d'ordinaire plus prudent, reporte la responsabilité des difficultés routières sur les services de la météo.
Certains de nos compatriotes poussent l'exigence jusqu'à connaître à l'avance la hauteur exacte de la neige qui va tomber sur leur région.
Dans ma jeunesse j'ai connu beaucoup d'hivers plus rudes et enneigés.
S'il est vrai que la circulation était beaucoup moins dense les services météo n'avait pas la fiabilité des prévisions actuelles et nous ne connaissions pas les pneus neige.
Cependant au bord des petites routes de ma région natale bosselée, en retrait sur la berme, les cantonniers municipaux avaient souvent disposés des tas de sable et l'on pouvait y puiser quelques pelletées que l'on lançait sur la chaussée pour éviter que le véhicule patine.
Pour faciliter la marche sur les trottoirs les habitants vidaient sur la neige les cendres de leur poêle à bois.
Les cordonniers fixaient sur nos chaussures, à l'avant et au talon, des fers qui les protégeaient de l'usure mais aussi accrochaient mieux au sol.
En cas de verglas les piétons les plus précautionneux sortaient de leurs poches un élastique sur lequel ils avaient fixé une ou deux capsules métalliques de bouteilles. Ils enfilaient cet élastique cousu en boucle à l'avant de leur soulier. Les dents des capsules mordaient la glace des passages difficiles et assuraient gratuitement une sécurité accrue.
Quant aux autres dérapages (verbaux) des politiques de tous bords je crois qu'il y en avaient moins en ces temps moins médiatisés et qu'on n'a encore rien trouvé de mieux que "la parole est d'argent mais le silence est d'or"