Les experts

La lecture d'un article de Philippe Reclus m'a conforté dans l'idée que ceux qui nous gouvernent auraient bien des pistes possibles pour améliorer les finances publiques sans en appeler en permanence au porte-monnaie des contribuables moyens.
BNP Paribas, le Crédit Mutuel et la Société Générale se dépêchent de rembourser - capital et intérêts - les montants prêtés par l'Etat au plus fort de la crise. Les affaires de ceux qui ont été sauvés par l'argent des contribuables vont bien !
Les banquiers, dont le métier consiste à se procurer de l'argent pour le reprêter à meilleur prix, n'oublient pas, eux, d'imposer des pénalités à leurs clients emprunteurs en cas de remboursement anticipé.
Au moment où l'Etat débloquait son aide il aurait dû imposer aux banques des conditions plus contraignantes et siéger aux conseils d'administration pour les obliger à mieux distribuer du crédit et financer l'économie.
L'Etat a fait une mauvaise opération par des choix qu'il est certes plus facile de constater après coup, mais qui révèlent son orientation idéologique.
Rien que sur BNP Paribas, avec le système de prêts qui a consisté à souscrire à des actions de préférence, il s'est privé d'une une plus-value en valeur absolue de 5,8 milliards à comparer aux 5,1 milliards de capital remboursés par BNP Paribas auxquels s'ajoutent 226 millions d'intérêts .
S'il avait acquis de simples actions BNP Paribas à leur cours de mars dernier autour de 27 euros, l'Etat aurait pu revendre ses titres près de 58 euros. Et au passage, l'Etat, avec ses actions ordinaires, aurait été en droit de siéger au sein des instances d'administration de la banque.
Alors à quoi sert l'expertise de nos gouvernants, à préserver au mieux l'intérêt des dirigeants des banques ?