Les privilèges
En marge de l'affaire Woerth, de l'affaire Bettencourt, des allégements fiscaux, des primes et salaires de traders, des rémunérations et retraites des dirigeants de grandes firmes, des jetons de présence d'administrateurs des sociétés du luxe, l'actualité place sous mes yeux l'écart grandissant entre une minorité de privilégiés et la masse des autres Français.
Une classe dirigeante prend grand soin de ses intérêts et les protège au moyen de lois qu'elle met en place grâce aux députés et aux sénateurs inscrits dans des partis et micro-partis financés par des dons d'entreprises puissantes.
Les classes sociales moins protégées voient leurs dépenses incompressibles augmenter, leurs emplois disparaître, leurs conquêtes sociales s'effondrer l'une après l'autre.
L'Histoire ne se répète pas mais elle pourrait faire réfléchir.
Ah ça ira, ça ira, ça ira... jusqu'au jour où la régression permanente finira par exaspérer ceux qui n'auront plus grand chose à perdre.
Le 3 août 1789 le duc d'Aiguillon lança l'idée d'abolir des droits seigneuriaux.
« Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête », s'exclame-t-il, « l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime ».
Le lendemain en fin de soirée le vicomte de Noailles propose à l'Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces.
A la faveur d'une nuit d'euphorie parlementaire tous les citoyens sont déclarés égaux devant la loi.
Que reste-t-il en 2010 d'un progrès vers les idéaux républicains inscrits aux frontons de nos mairies ?