Paroles de Français
La "communication" du Président de la République passera ce soir par l'émission de TF1 "Paroles de Français".
Je comprends que l'Elysée cherche à réussir l'opération de reconquête des électeurs.
J'observe déjà les préparatifs pour faire de cette émission un succès.
Les questions ne sont pas connues à l'avance mais on a choisi 9 Français sur les critères qui permettraient au Président de faire le tour des sujets qu'il affectionne : Cette émission doit permettre de faire de la pédagogie sur les réformes mises en oeuvre et sur ce qui reste à faire, de répondre aux préoccupations quotidiennes des Français".
Parmi les participants à cette émission figureraient une pharmacienne qui a été cambriolée pour parler de la sécurité, un chômeur qui a retrouvé du travail pour aborder les contrats aidés, un proche d’une personne en perte d'autonomie pour parler de la dépendance...
Contrairement à la première émission "Paroles de Français" de janvier 2010, il serait étonnant que l'on voit un syndicaliste ou un militant politique dans ce panel porter la contradiction à Nicolas Sarkozy. Le militant syndical de l'automobile qui avait pris la parole avait volé la vedette au Président.
TF1 a voulu interroger les 11 Français qui avaient participé à l'émission précédente pour connaître les suites des promesses qui leur avaient été faites par le Président. Cela leur a été refusé... on comprend pourquoi.
Même le "service après vente" de l'émission est prévu.
Jean-François Copé a envoyé un mail aux militants de l'UMP pour les inciter à "relayer les messages" du chef de l'Etat : "Nous serons unis pour faire face aux campagnes de désinformation et de démagogie orchestrées par l'opposition et relayées sans scrupule par certains médias. Je compte particulièrement sur vous pour faire part de vos réactions et commentaires sur les différents sites d'actualités disponibles sur Internet" leur dit-il.
On le voit, tout est cadré pour faire de cette émission quelque chose de comparable aux visites de villes avec force déploiement de policiers, où le préfet est limogé si des manifestants peuvent approcher le Président.
Et pourtant à vouloir masquer la réalité les conseillers en communication rendent un mauvais service au Président qui - comme cela a été reconnu à propos de la Tunisie - "sous-estime la désespérance" d'une partie de nos compatriotes.