Séparation
Je suis allé chercher le second petit-fils (5 ans tout neufs) hier à Montparnasse.
Heureux de venir jusqu'à mercredi matin chez mammie et papy.
Quai 22, on monte dans le TER, à l'étage.
Le grand frère, maman et papa accompagnent.
Penché à la fenêtre nous les regardons sur le quai faire de grands signes d'adieu et accompagner de quelques pas le train qui s'ébranle lentement.
L'émotion est venue progressivement.
Regard obstinément tourné vers le paysage qui défile, j'ai entendu après quelques minutes de petits reniflements, puis une larme a coulé et sont venus des sanglots refoulés.
J'ai pris le petit-fils contre moi sans rien dire et j'ai doucement caressé sa main et sa joue.
Le long de son torse mon corps percevait les sanglots qui secouaient sa poitrine.
Je le sentais lutter contre son émotion, essayer d'étouffer ses sanglots.
Lentement les secousses se sont espacées.
Puis reprenaient au moment où je pensais qu'il s'endormait.
Sans un mot, de son petit sac rouge il a tiré son doudou avec lequel il essuyait ses larmes.
Après Rambouillet il s'est redressé, a rangé le doudou et a tiré de son sac vert la console Nintendo.
Super Mario a sauté les obstacles sous l'impulsion du pouce droit qui passait à toute vitesse sur les touches X, Y, A, B et du pouce gauche qui appuyait agilement sur la croix des touches directionnelles gauche, droite, haut, bas.
L'annonce prochaine de l'arrivée a mis fin au jeu.
Le sourire est réapparu, comme un rayon de soleil éclatant sur un paysage qui reverdit après l'ondée.
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