Je viens d'un monde disparu
Je poursuis mon rapatriement de quelques textes de mon blog Orange que je veux conserver.
Notre société a tellement changé depuis mon enfance qu'imaginer ce qui était notre quotidien peut paraître étrange aux jeunes générations. Pas de télévision, pas de téléphone portable, peu d'automobiles dans mon petit village. J'ai ainsi consigné quelques souvenirs dans lesquels je pourrai éventuellement puiser pour évoquer cette période avec mes petits-fils, s'ils le souhaitent, lorsqu'ils seront un peu plus grands.
« On peut rappeler que la mémoire n'est jamais la restitution intégrale du passé, mais toujours et seulement un choix et une construction; que ces dernières opérations ne sont pas déterminées par la matière qui advient à la mémoire, mais bien plutôt par les sujets qui se souviennent, en vue de tel ou tel but. Si la restitution du passé en elle-même n'a rien de préjudiciable, certaines utilisations de la mémoire sont plus nobles que d'autres; la mémoire peut servir à la répétition ou à la transformation, elle peut avoir une fonction conservatrice ou émancipatrice, ce qui ne revient pas au même. Tout un chacun a le droit de se souvenir comme il le souhaite, certes ; mais la communauté valorise certains usages de la mémoire et en réprouve d'autres, elle ne saurait pratiquer un culte de la mémoire indifférencié. » Tzvetan Todorov, L'Homme dépaysé, Le Seuil, 1996.
Pour me permettre d'ajouter quelques souvenirs dans l'ordre chronologique, au fur et à mesure que des faits actuels ou des commentaires activent quelques zones archivées de mon système limbique et pour faciliter la lecture de mon blog je fractionne ce monde disparu en chapitres mode "fifties", "sixties", and so forth...
Malheureusement en voulant scinder mon texte je viens d'en effacer la partie la plus conséquente, celle des années 50, qu'il faut que je reconstitue à nouveau.