1914-1918

Publié le par Papy Jean


De cette poignée d'hommes photographiés début 1914, combien sont revenus de cette gigantesque boucherie où furent tués 1.375.000 Français, sans compter ceux qui - comme le grand-père de ma femme - revinrent malades et moururent peu après.


Mon grand-père figure sur cette photo,  debout, le 4e à partir de la gauche.


A ses côtés, au lendemain de la seconde guerre mondiale, je défilais les jours de 14 juillet derrière le drapeau.

Ces générations ont beaucoup souffert, mais en pensant que derrière eux leur descendance vivrait mieux.


Aujourd'hui, je crains que ma génération ne lègue à nos petits-enfants que des dettes à combler en raison d'hommes politiques ou financiers  plus préoccupés de leurs intérêts que d'une gestion avisée.



Mon grand-père a été un papy qui m'a laissé des souvenirs éblouissants de son humanité. Au moment de la célébration du 11 novembre j'ai une pensée pour lui et ses compagnons de misère.


Il avait traversé toute la guerre 14-18 sans blessure. Au vu  du nombre des tués et des blessés de cette "grande guerre", en sortir sain et sauf était l'exception.

J'imagine les affres de ma grand-mère dans la tourmente,  élevant seule pendant quatre ans ma mère, née début 1914. 
 

Quand je pense  à  certains  privilégiés  actuels qui veulent résider à l'étranger pour simplement payer moins d'impôts, pas besoin d'acheter  une deuxième paire de lunettes pour  constater le décalage de citoyenneté, malgré leur Légion d'honneur.

Photo de mon grand-père en octobre 1915.



   







Le décès (12 mars 2008) du dernier Poilu de cette guerre 14-18 m'a fait penser non seulement à mon grand-père maternel mais aussi à celui de ma femme.
Toute une génération sacrifiée.


Né le 18 août 1876, il fut d'abord bûcheron, puis cultivateur d'une toute petite ferme. 

"Grand-mémé" -  née en 1915 - ne connaîtra  son père que de ses 4 ans  à ses 8 ans.
Au retour en 1919, revenu malade de la guerre, il en décèdera en février 1923.


Nous n'avons pas de photo de lui. Même les souvenirs sont orphelins.

Sur "Mémoire des hommes" la fiche d'un  cousin de mon père "tué à l'ennemi" en 1917. Comme 270.000 Français morts en six semaines sur le front près de Reims dans ce conflit où le général Nivelle ordonnait  un tir d'artillerie à  50 mètres devant nos lignes et où les obus français imprécis faisaient plus de ravages dans nos rangs que chez les Allemands. Une boucherie qui amena les mutineries de nos poilus, les fusillés pour l'exemple pris au hasard pour mater cette rebellion.

Et la "chanson de Craonne" sur les sacrifiés, où je puise ma conviction que notre France "d'en haut" ne doit sa vie confortable  que grâce aux sacrifices de la France "d'en bas".

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-                                      Les sacrifiés

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C'est malheureux de voir
Sur les grand boul'vards
Tous ces gens qui font la foire
Car si pour eux la vie est rose,
Pour nous ce n'est pas la même chose.
Au lieu de se cacher,
Tous ces embusqués
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leur bien,
Puisque nous n'avons rien,
Nous autres les purotins,
Pour défendre les biens de tous ces gros-là.


Refrain

Ceux-là qui ont le pognon,
Ceux-là reviendront,
Car c'est pour eux qu'on se crève.
Mais c'est fini, tous les troupiers
Vont bientôt se mettre en grève.
C'est à votre tour, Messieurs les gros,
De monter sur le plateau.
Puisque vous voulez la guerre.
Venez la faire de votre peau !


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Publié dans L'album sépia

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L
Quel plaisir de relire vos articles!
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T
J'ai relu denièrement "le feu" de H. Barbusse grâce à un article dans un blog....où l'on peut ressentir ce que ces jeunes gens pouvaient eux mêmes ressentir dans cette violence permanente ..physique, mais aussi psychologique.Rendons leur hommage, mais n'oublions jamais, et surtout transmettons le aux générations futures, qu'ils ont été sacrifiés sur l'autel des profits des complexes militaros-industriels de l'époque...les arrières grands parents de ceux qui veulent sacrifier, actuellement, nos enfants et petits enfants sur un autre autel, celui des compétitivités spéculatives et financières des groupes bancaires internationaux qui ont transformés l'économie sociale en grand casino mondialisé où les uns gagnent le jackpot et les autres une toujours plus grande paupérisation..
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